Les 4 défis de l'assurance

Le secteur de l’assurance devra faire face à 4 défis en 2020 : entretenir le contact humain, renforcer la notoriété en assurance des partenaires distributeurs, concilier personnalisation et solidarité et mieux accompagner les assurés. Analyse de Didier Kling, Président de la CNCEF, Stéphane Fantuz, Président de la CNCEF Assurance et Christelle Molin-Mabille, Président de la CNCEF Crédit. 
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Les 4 défis de l'assurance

Après une année 2019 marquée par le report de l’auto-régulation du courtage, les professionnels du secteur de l’assurance récemment interrogés par l’institut IPSOS (octobre 2019) expriment une confiance assez prononcée pour l’avenir du métier. De leur côté, les Français reconnaissent ces professionnels comme des acteurs légitimes pour les accompagner. Ils se disent particulièrement bien protégés (69%). Ils sont d’ailleurs les mieux assurés au niveau mondial pour les vols et dégâts de voiture (61% contre 36% au global), les accidents (56% contre 41% au global) et l’hospitalisation (53% contre 35% au global). L’enquête met aussi en lumière les projets auxquels les Français aspirent à l’horizon 2025 : acquisition d’un équipement pour la maison, réalisation de travaux, achat d’une voiture et d’un bien immobilier figurent parmi les priorités. Viennent ensuite les projets éducatifs et entrepreneuriaux (50%). 

Les Français soucieux des aléas

Cependant, les consommateurs sont préoccupés par les aléas de la vie. Particulièrement, les risques économiques. La perte financière et de revenus est citée par 72% des répondants et ils priment sur les aléas physiques (maladie grave, 70%). 58% des Français ont besoin de savoir leur famille et leurs biens protégés à travers les assurances (28%) et 23% envisagent le crédit pour réaliser leurs projets. D’ailleurs, l’assurance-crédit sera beaucoup plus plébiscitée.

Souscrite lors d’un financement d’envergure et de long terme, 51% des Français y ont eu recours lors du financement d’un projet immobilier et 72% envisagent de (re)souscrire pour le même motif ou pour financer une voiture (56%), créer une entreprise (55%). Cette forte progression de l’assurance-crédit dans l’avenir, s’explique par le fait que les Français sont dans la crainte d’une maladie grave qui pourrait les empêcher de rembourser un crédit immobilier (69%). Ou encore qu’ils se trouveraient en face à une perte d’emploi (66%). Des craintes fondées, car 36% ont déjà rencontré des difficultés à rembourser un crédit, quelle que soit sa nature. La sécurisation des crédits sera donc un vrai challenge pour 2020 et au-delà pour les professionnels de l’assurance. 

Des attentes en direction des assureurs 

Face à ces attentes exprimées, les professionnels de l’assurance devront faire face à 4 défis : entretenir le contact humain, renforcer la notoriété en assurance des partenaires distributeurs, concilier personnalisation et solidarité et mieux accompagner les assurés

Entretenir le contact humain : A l’heure de la transformation numérique, les professionnels devront renforcer le contact humain. Selon l’étude, le conseiller en assurance est le contact privilégié de 58% des répondants en recherche d’informations. De plus, le point de vente physique est le canal privilégié de 72% des personnes interrogées pour souscrire une assurance. Ces canaux doivent donc être complétés par les outils digitaux (sites Internet, comparateurs, applications mobiles…) qui facilitent le parcours client.

Renforcer la notoriété en assurance des partenaires distributeurs : 30% des répondants citent la banque comme principal vecteur de souscription de produits d’assurance, tandis que 26% d’entre eux s’adressent à elle quand ils recherchent une information. Le courtier aura donc un rôle à jouer pour soutenir le développement de son expertise en assurance et de sa notoriété auprès du grand public ou des professionnels. 

Concilier personnalisation et solidarité : Il appartiendra aux professionnels de trouver un équilibre entre les bénéfices individuels de l’assurance et le remboursement des primes d’assurance non utilisées, qui arrive en 1ère position des critères à remplir par l’assurance idéale (39% des répondants), la personnalisation (36%), la simplification (34%) et la clarification (31%) des offres, qui arrivent respectivement en 2ème, 3ème et 4ème positions. D’autre part, l’accès à l’assurance du plus grand nombre, « même aux plus vulnérables», est cité pour près d’un tiers des répondants comme une priorité à tenir par le secteur.

Accompagner les assurés : Au-delà de son intervention au moment de l’indemnisation en cas de sinistres, l’assureur devra pouvoir proposer des services supplémentaires aux assurés pour les accompagner dans toutes les étapes clés de leur vie. Par exemple, en cas d’invalidité, 54% des répondants jugent indispensables des services prévoyant le versement de mensualités s’ils devaient s’arrêter de travailler pour prendre soins de leurs proches, une aide au retour à l’emploi ou un soutien psychologique (38%). En cas d’immobilisation, ils jugent indispensables l’aide à la mobilité (47%), la prise en charge des ascendants (43%), l’aide à la famille (38%) et les services de téléassistance médicale (35%). Enfin, en cas de décès, ils attendent une aide aux formalités obsèques (43%), au rapatriement du corps (47%) et au déplacement d’un membre de la famille sur le lieu du décès (37%).

En conclusion, l’assurance a donc un rôle clé à jouer dès 2020 et d’ici 5 ans, car elle est au cœur des projets fondamentaux des individus et des moyens pressentis pour les accomplir. L’assurance au cœur des attentes pour se protéger et se projeter dans l’avenir. L’assurance des emprunteurs et le crédit pour sécuriser et faciliter les projets. Mais les évolutions ne s’arrêtent pas ici…Il s’agira aussi à brève échéance de couvrir de nouveaux risques et besoins suscités par l’arrivée de la voiture autonome. Affaire à suivre.

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