Médiation jeune public à Cusset

Le théâtre de Cusset accueille chaque année 9000 scolaires, tous degrés confondus. Les 25 et 26 novembre prochains, par l’intermédiaire du spectacle « un bon petit soldat » de Mitch Hooper, sera abordé le phénomène de la radicalisation. Explications.
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Médiation jeune public à Cusset

CUSSET / Allier (03) - Théâtre, danse, musique, cirque, spectacle vivant…Le théâtre de Cusset propose une programmation marquée par la diversité des disciplines. Bâti en 1895, reconstruit en 2008, ce lieu culturel de 340 places, doté d’un plateau de 14 sur 12 mètres, vit aussi en dehors des spectacles. Lieu de résidence des compagnies qui trouvent là un outil nécessaire à leur création, il puise sa force dans la prédisposition qu’il entretient avec le jeune public.

Conventionnée d’intérêt national « art et création » pour les arts du cirque et de la danse, elle reçoit 9000 scolaires chaque année dans le cadre d’une médiation avec les établissements d’enseignement de la ville et de l’agglomération de Vichy. Un jeune public (petite enfance, enfance, adolescence) qui, tous degrés confondus, bénéficie ainsi d’une éducation artistique et culturelle.

Il ne s’agit pas pour eux de s’asseoir dans une salle comme ils pourraient le faire dans tant d’autres. Bien au contraire, la Ville de Cusset développe une politique culturelle en lien avec les enseignants, où ils sont des acteurs sensibilisés à la création et à l’art, par la rencontre d’artistes et la création de spectacles. L’objectif est de leur donner l’envie d’acquérir une culture théâtrale et les encourager à fréquenter les lieux de spectacles vivants.

Cette éducation au regard, aux gestes et aux émotions s’est traduite l’an dernier, par l’immersion de 12 collégiens de Cusset, dans le quotidien d’une compagnie de danse. Sous la conduite du chorégraphe et danseur Olivier Lefrançois, ils se sont mis dans la peau de danseurs professionnels pendant quatre jours, avant de se produire devant le public séduit par leur prestation. Une initiative qui visait à susciter une pratique amateur auprès des jeunes.

Cette année, le théâtre de Cusset veut développer les capacités d’analyse et le sens critique des scolaires avec le spectacle « un bon petit soldat » de Mitch Hooper.

Il sera proposé aux élèves des établissements de l’agglomération, le 26 novembre prochain, abordant le phénomène de la radicalisation chez les jeunes. Accueilli grâce à un partenariat entre la Ville de Cusset et Vichy Communauté (subvention versée au Programme de Réussite éducative), la Caisse d’Allocations Familiales, Préfecture de l’Allier, le Ministère de l’Intérieur, le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation et le Commissariat général à l'égalité des territoires, il sera suivi d’une rencontre-débat.

A cette invitation, les établissements scolaires ont été nombreux à s’inscrire dans le projet. Alors que les deux représentations prévues ont été complètes dès les premières semaines d’inscription, les partenaires ont décidé d’ouvrir une troisième séance la veille (25 novembre) à 14h30. Au total, ce sont plus de 800 élèves et jeunes du bassin qui auront assisté à ce spectacle.


Cette représentation, sous forme d’un monologue, va plonger le spectateur au cœur des pensées de Karim et questionner les radicalités, mais aussi les radicalisations qui conduisent les personnages de la pièce à un passage à l’acte ou non. Par son caractère tragique, elle soulève la place du choix, du libre arbitre, résonnant avec les œuvres d’Albert Camus.

La pièce éclaire la radicalité par une démarche historique, autour de portraits d’individus radicaux, afin de contextualiser dans un temps long cette problématique et la mettre en perspective avec « l’effet islam » très/trop contemporain. Enfin, elle développe un enseignement civique, suscitant davantage l’engagement et l’empathie de l’élève pour appréhender et comprendre la complexité des processus à l’œuvre dans la radicalisation d’un individu.

La pièce de théâtre Un bon petit soldat constitue donc en elle-même un outil adapté pour aborder la question vive des radicalités et de la radicalisation contemporaine de jeunes islamistes djihadistes. À l’image des tragédies antiques, le théâtre joue un rôle cathartique. Une médiation efficace pour les élèves qui seront placés dans une situation pédagogique complète, par les échanges et réflexions qu’ils auront avec les acteurs et les auteurs.

Donner en quelque sorte, la parole à celles et ceux qui n’occupent pas habituellement le devant de la scène, évoquer ce qui est difficile à exprimer, rendre le théâtre accessible à tous…Telle est l’ambition poursuivie à Cusset avec cette médiation. Elle implique aussi les familles, le public adulte, puisque Raphaël Personnaz, Molière 2018, interprétera Vous n’aurez pas ma haine. Il portera sur la scène de Cusset le 11 janvier 2020, les mots d'Antoine Leiris sans chercher le spectaculaire, avec des outils propres au théâtre afin de mettre en voix et en espace ce témoignage précieux de la reconstruction d’un homme, après l’attentat du Bataclan.

 

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